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PROCESSUS ÉLECTORAL : TRANSPARENCY INTERNATIONAL - INITIATIVE MADAGASCAR RÉVÈLE LES COÛTS ESTIMATIFS DES POTENTIELS ACTES DE CORRUPTION

ÉCONOMIE BLEUE: LA LUTTE CONTRE LA PÊCHE INN,UN DÉFI POUR L’AFRIQUE ET L’OCÉAN INDIEN

DISTRIKAN’AMBANJA: Sehatr’asa azo ivelomana ny jono saingy simbain’ny tsy ara-dalàna.

Désinformation : un facteur de  corruption électorale

VaovaoCheck : une croisade à la reconquête de l’information

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Corruption sexuelle : entre omerta, pressions et déni !

Couvert par le silence assourdissant des victimes et de leurs proches, la corruption sexuelle sévit. A Toliara, dans l’Atsimo Andrefana, quelques témoignages échappent à l’omerta. Mais la résistance, voire le déni, est tout aussi inquiétante.

Céder ou abandonner l’école

« Monsieur tripote mes seins ». Miora, 14 ans, parle de son professeur de lycée à Toliara. « J’avais du mal à suivre les cours.  Monsieur a parlé d’améliorer mes notes, En contrepartie, je devais sortir avec lui. » Miora a refusé les avances douteuses de son professeur, mais le mal est fait : « Je n’ai osé raconter cette histoire à personne, ni à mes aînés, ni à mes parents. Et j’ai décidé de ne plus retourner à l’école ».

Sandra, une autre adolescente de Toliara, 15 ans, est aussi amère. « Ma mère n’a pas pu payer mon écolage. Or, je ne pouvais passer mes examens si ces frais n’étaient pas payés » . Démunie, l’adolescente décide d’évoquer ouvertement son cas auprès du directeur d’école, dans l’espoir d’une solution. .«  J’ai discuté avec mon directeur. Ce dernier m’a affirmé qu’il peut accéder à ma requête à une condition. Il voulait que je sorte avec lui, alors mes problèmes d’écolage seraient réglés. Ma mère n’en saurait rien, disait-il. »  Sandra refuse la proposition de corruption sexuelle. « Le directeur a fermé la porte de son bureau. Il a dit qu’il ne me lâcherait pas. Je lui ai répondu que je n’accepterai pas. Et là, il m’a menacé de renvoi. J’ai préféré être renvoyée. J’ai choisi d’abandonner le collège. »

La majorité des jeunes et adolescents victimes de corruption sexuelle refusent de porter plainte

Les témoignages de ces deux adolescentes sont révélateurs de l’effet dévastateur des tentatives ou des faits de corruption sexuelle. Certains enseignants malveillants abusent de l’autorité qu’ils exercent sur leurs élèves les plus vulnérables : enfants de familles précaires, élèves en difficulté scolaire, jeunesse naïve… La majorité des victimes ne portent pas plainte, donnant aux instigateurs la possibilité de récidive et d’échapper aux sanctions. Et la pratique perdure, du collège à l’université.

Manipulation, intimidation

A Toliara, nous rencontrons Madame M, dont la fille, étudiante, à qui nous donnerons le nom d’emprunt de Vao, a été victime d’un prédateur : son enseignant encadreur. Les faits se sont déroulés en 2018. « Ma fille préparait son diplôme de Master à l’université de Maninday », commence Madame M. « Depuis 2017, elle s’était concentrée sur ses études, en vue de décrocher ce diplôme. Mais Vao et le professeur chargé d’encadrer ses travaux de mémoire n’arrivaient pas à s’entendre. Ma fille présumait que son encadreur voulait de l’argent, car il demandait à la rencontrer en terrain neutre ». L’étudiante se rend au rendez-vous et disparaît, pendant un jour et une nuit, le téléphone éteint. Quand enfin elle rappelle sa mère, affolée, Vao demande à être récupérée à… Mangily. Le « terrain neutre » était donc une plage touristique, à quelques kilomètres de Toliara. Vao ne trouvera la force de parler que le lendemain. A sa mère, elle confie « avoir été abusée par son encadreur. Je lui avais demandé s’il a pu finir son action. Oui, m’avait-elle certifié. »

Selon les confidences de Vao rapportées par sa mère, cet encadreur l’aurait «  invité à un apéro. C’est la dernière chose dont ma fille se souvenait. Il l’avait menacé que si elle le dénonçait, il renierait tout et qu’il déclarerait qu’elle était majeure et consentante. Ma fille a préféré arrêter ses études après ce traumatisme ».

Madame M et sa fille ne portent pas plainte. Ces faits ne sont donc pas connus des forces de l’ordre, et l’auteur présumé n’a pas été obligé de s’expliquer devant la justice. Entre temps, l’enseignant encadreur décède : il reste innocent à tout jamais, et sa victime, traumatisée à vie.

« C’est de la comédie ! »

L’avis du Dr Razafiharison Andriamanantena, président de l’université de Toliara est tranché. Ayant visionné le témoignage de Madame M lors de la présentation publique des résultats de l’enquête sur la situation de la corruption sexuelle à Toliara, le 15 novembre, le N°1 de l’université de Toliara conclue avec assurance : « Pour moi, c’est de la comédie. Je pense que c’est l’étudiante qui a séduit son encadreur et après coup, elle se dit victime. C’est du cinéma ! ».

Présentation des résultats résultats de l’enquête sur la situation de la corruption sexuelle à Toliara, le 15 novembre 2022

Dans la foulée, d’autres propos interpellent : « Je n’ai rien contre un prof qui sort avec une étudiante. Les gens qui sont dans le même cercle finissent par se rapprocher, c’est pourquoi des professeurs et des étudiantes se fréquentent. Je n’ai pas de problème avec cela, tant que cette relation n’a pas d’impact sur les notes de l’étudiante. D’ailleurs, chez nous, un homme peut avoir deux, trois, voire dix femmes. Les gens des Hautes Terres ne comprennent pas forcément notre culture, et parlent de corruption sexuelle ou de faveur sexuelle. ».

Le discours était même assez catégorique, évoquant « la prostitution des étudiantes ». Le ton est clair : « Je ne crois pas que les professeurs séduisent les étudiantes. Par contre, ce sont les étudiantes qui séduisent des professeurs. Et pour moi, c’est de la prostitution. C’est cette prostitution des jeunes filles qui s’en prennent aux professeurs qui est problématique, à mon avis ».

Lors de cette présentation publique, les représentants de l’université ont âprement défendu la réputation de leur institution et de leur corps professoral. Mais au campus, on entend une toute autre histoire.

Jolies étudiantes en détresse

A l’université de Maninday, Toliara, des étudiants acceptent de nous rencontrer. Malgré le besoin de s’exprimer, on constate aussi une inquiétude évidente que leurs révélations ne se retournent contre eux. Nous gardons leur anonymat pour leur sécurité.

Brenda, étudiante à Maninday, explique le scénario : « On passe un test, on réussit ». Jusque-là, pas de problème. « Mais dès qu’on rate un seul module, certains professeurs observent et repèrent les belles filles qui ont échoué ». En d’autres mots, la liste des étudiantes ayant échoué serait passée au crible et celles qui ont « la malchance » d’être jolies deviendraient la proie des corrupteurs. « S’ils ne parviennent pas à gagner les faveurs de l’étudiante en contrepartie de meilleures notes,  ils se rattraperont lors de la soutenance de mémoire. Et l’étudiante échouera. C’est fréquent à la faculté DEGS, en Gestion, en Malagasy et en Droit. » 

La présidence de l’université monte au créneau. Le Dr Razafiharison Andriamanantena s’indigne : «Ils disent qu’il y a de la corruption sexuelle mais personne n’ose dénoncer publiquement. Pour le cas du département Malagasy par exemple, nous avions plus de 600 candidats aux examens et seuls une quinzaine ont été admis. S’il y avait de la corruption sexuelle dans ce département, comment expliquer que si peu d’étudiants sont admis ? »

Pour l’université de Toliara, il n’y a pas cas de corruption sexuelle à Maninday.

Mais s’il n’y en avait aucune, comment expliquer que ces étudiants s’en plaignent ? Pour Francia, une autre étudiante de Maninday « Les victimes n’osent pas parler car à l’université, s’opposer à un professeur, c’est risquer le renvoi, le redoublement ».

 Sugar daddy, super pouvoir !

Ces attouchements et ces corruptions sexuelles seraient une monnaie d’échange. Des faveurs sexuelles en contrepartie de réussite aux examens, de notes élevées, de l’accès aux sujets d’examen avant l’heure, pour ne citer que les exemples évoqués par ces étudiants. Mais la précarité galopante semble remporter tous les arguments. Au campus, les étudiants discutent ouvertement du phénomène : « La vie est dure ! Et les professeurs nous offrent de l’argent de poche. (…) Alors, les étudiants commencent à s’adapter. Le prof devient un « sugar daddy ». Il n’est pas question d’amour, la priorité, c’est d’avoir de l’argent, des bonnes notes, c’est l’admission aux examens ».

Le pouvoir des « sugar daddies » serait spectaculaire : ils pourraient faire admettre des étudiantes aux notes inférieures à la moyenne ou bien faire échouer d’autres, malgré un parcours excellent. D’autres étudiants de Maninday rencontrés durant la campagne de sensibilisation contre la corruption sexuelle à Toliara en novembre 2022, évoquent un autre fait : « Si l’étudiante résiste, elle aura des ennuis. Si elle un petit-ami, celui-ci aura aussi des ennuis. A qui voulez-vous que nous nous en plaignions ? Il suffit que nous disions ceci au grand jour, et tout se retournera contre nous ».

Aucun de ces étudiants rencontrés à Maninday ne semble accepter, ni même évoquer, toute explication autre que l’intervention d’un corrupteur. Pour eux, le fait est clair : la corruption sexuelle est devenue l’un des moyens rapides pour réussir les études.

Silence, hifikifika et autres arrangements

Pour le cas d’Atsimo Andrefana, la direction régionale de l’Éducation Nationale déclare n’avoir pas été informée de cas de corruption sexuelle. Interrogé, le directeur régional, Etsimifalo, révèle « n’avoir reçu aucune plainte émanant des directions des collèges d’enseignement général de la région, ni des parents d’élèves », depuis sa prise de poste en 2019.

Même son de cloche à l’université de Maninday, Toliara. Au cours des quatre ans à la présidence de l’université, le Dr Razafiharison Andriamanantena affirme « n’avoir reçu aucune plainte relative à des cas de corruption sexuelle, que ce soit de la part des étudiants, ou des professeurs, ou des parents ». Dr Razafiharison continue : « En tant que scientifique, il m’est difficile de croire aux rumeurs. La vérité éclatera en fonction des enquêtes. Mais en tant que président de l’université, je ne cautionnerai jamais tout professeur qui serait auteur de cette pratique  ».

Forte d’une carrière dans le monde de la justice, le juge des enfants, Rakotovao Hasinasolo Lanjanavalona, a observé certains faits dans l’Atsimo Andrefana et se dit : « convaincue que les cas (de corruption sexuelle NDRL) existent bel et bien (…) Ils sont nombreux, mais les plaintes ne parviennent pas au tribunal. »

“Les cas sont nombreux mais les plaintes ne parviennent pas au tribunal” de Toliara, Atsimo Andrefana

Les raisons sont multiples. « Il est possible que des étudiants aient fait des propositions dans le but de réussir (aux examens NDRL). Plus tard, lorsqu’ils prennent conscience de la situation et qu’ils veulent porter plainte, l’autre partie se déclarera innocente puisqu’elle n’a pas fait le premier pas. Alors, ils se rétractent.»

Les traditions aggravent la situation. Juge Rakotovao explique : «  Le « hifikifika » consiste à faire couler le sang d’un animal pour laver les deux entités du mal effectué. Une pratique à laquelle les parents des victimes et les auteurs du crime ont souvent recours pour échapper à la justice ». C’est donc un arrangement à l’amiable avec pour conséquence le retrait ou l’absence de plaintes auprès de la police, de la gendarmerie et du tribunal.

Mais ce silence tend à banaliser les pratiques de corruption sexuelle, voire à les normaliser. Le juge Rakotovao rappelle : Déposer une plainte est la seule voie de recours pour mettre fin à ces abus, afin que nos enfants ou d’autres enfants ne soient plus les victimes des prédateurs.”

PICEES, tolérance zéro face à la corruption sexuelle

Le Pacte d’Intégrité Corporelle dans l’Education et dans l’Enseignement Supérieur (PICEES) a été élaboré pour renforcer la stratégie de lutte contre la corruption sexuelle dans le milieu de l’enseignement à Madagascar. Ce pacte implique la volonté des signataires à adopter une conduite d’intransigeance totale devant les pratiques de corruption sexuelle et à démontrer un engagement clair en faveur des droits de la jeunesse à bénéficier d’une scolarité saine, libre et sans danger .

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