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Les petits pêcheurs de Morombe, à la merci des grands exploitants

A Morombe, les petits pêcheurs se sont vaillamment dressés contre le projet d’exploitation de la société A-H-M, qui utilise un matériel ultra-perfectionné pour la pêche. Ces techniques sophistiquées risquent notamment d’épuiser les ressources halieutiques.

A Morombe, les petits pêcheurs de Morombe se sont dressés vaillamment contre le projet d’exploitation de la société A-H-M, qui utilise un matériel ultra-perfectionné pour la pêche. Ces techniques sophistiquées risquent en effet d’épuiser les ressources halieutiques.

L’affaire remonte à 2019. Cette année-là, cC’est avec étonnement que les petits pêcheurs de Morombe ont constaté l’arrivée d’investisseurs Sri-lankais de la société A-H-M, spécialisée dans la pêche et la collecte de produits halieutiques. En effet, ces investisseurs auraient obtenu une autorisation du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (MAEP). Des licences ont été délivrées pour la Ayaan Express immatriculée 19/030/N.M, pour le bateau Kangoroo Express, immatriculé 19/029 et pour deux autres bateaux. Ces licences sont valables pour l’année d’exercice 2019, c’est-à-dire, jusqu’à la date de fermeture de la pêche fixée par le gouvernement malgache. Ces investisseurs sont aussi en possession d’une licence de collecteur de produits délivrée par le MAEP portant le numéro 618 1469. Les licences les autorisent à travailler à Morombe : ils ne sont pas libellées au nom de ces investisseurs étrangers, mais à celui de Mihajaninisoa Prisca Robelson, habitant du fokontany d’Andabizy à Toliara. Dans un autre protocole d’accord entre le MAEP et la société A-H-M, signé le 24 avril 2019 et valable pendant 36 mois,  cette entreprise est représentée par Mihajaninisoa Prisca Robelson. Nous n’avons pu éclairer les relations entre ce résident Malgache et ces investisseurs Sri-Lankais, ces derniers ayant quitté Morombe et Mihajaninisoa Prisca Robelson n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Au sein du département local de la Pêche, les responsables internes sont catégoriques « les activités de ces ressortissants sri-lankais et leurs matériels  sont autorisés par la loi, car la licence a été délivrée par le ministère conformément aux lois », bien que ces investisseurs ne soient pas du tout mentionnés dans les documents d’autorisation officiels. D’après ces responsables, « la seule infraction à la loi commise par ces bateaux, c’est l’absence de GPS exigé par le paragraphe 4 de l’accord conclu entre la société A-M-H et le ministère. »

 Des filets de pêche de 1 000m à 3km de longueur

A Morombe, les deux tiers de la population vivent de la pêche. Jean Félix, chef du fokontany de Tsinjorano explique : « Autrefois, la culture, la vente et le triage de pois-du-Cap complétaient le gagne-pain habituel des gens à Morombe. Depuis que les collecteurs de pois-du-Cap ont quitté Morombe, la majorité de la population s’est tournée vers la pêche. » Depuis 2011, 40 petits pêcheurs locaux se rassemblent au sein de l’association Tea Reaky pour protéger les ressources halieutiques et les zones côtières : « Si les ressources venaient à s’amenuiser ou disparaître, nos générations futures perdront un moyen de subsistance », explique Mosesy Jean, président de Tea Reaky.

Avant l’arrivée de la société  A-H-M, l’association Tea Reaky a livré bataille pour mettre fin au « beangata » ou « tarikaky » initié par des pêcheurs originaires de Toliara : leur technique consiste à déployer des filets de moustiquaires de 500 à 1000 mètres (beangata) qu’ils tirent vers la plage pour piéger le maximum de poissons. Ces pêcheurs qui utilisent des filets non règlementaires se sont repliés vers Beloha et Morondava. Peu après cette affaire, l’association fait face à la présence de ces bateaux de pêche de la société A-H-M, sur-équipés.

Pour l’association Tea Reake, si la licence de collecte semble quand même avoir ses avantages, la licence de pêche est catégoriquement rejetée, en l’absence d’un dialogue et d’un accord précis pour préserver les avantages des petits pêcheurs. Mosesy Jean, président de l’association, soupçonne d’ailleurs des pratiques illicites :« Le MAEP connaît l’existence et la raison d’être de notre association. Si ses représentants ne veulent pas demander notre avis quant à l’octroi de ces licences de pêche, au moins, ils auraient pu nous prévenir avant de les délivrer  ».

D’après le constat des membres de Tea Reaky, la société A-H-N utilise des filets de 3km de longueur. A Morombe, cette technique s’appelle « faire un barrage ». La société aussi des palangres, grosses lignes  de fond munies d’hameçons sur la longueur, qui peuvent atteindre les 800 mètres. Des techniques extrêmes qui risquent d’accaparer la majorité des ressources halieutiques disponibles pour la pêche. Au département de la Pêche de Morombe, on nous explique que la société « pratique la pêche en dehors des espaces réservés aux petits pêcheurs ». Mais le président Mosesy Jean ne décolère pas : « Nous pêchons certes en amont, mais les poissons viennent de la haute mer : s’ils sont retenus par ces barrages, nous ne pourrons pas les prendre ! »

Pour l’association Tea reake, ces équipements déployés pour faire un barrage à poissons en pleine mer « tue les petits pêcheurs ». «Déjà, avant ce barrage, nous avons constaté que nos prises diminuaient. Alors avec le barrage, n’en parlons plus ! » Ainsi, l’association s’est décidée à rejeter l’usage de ces matériels de pêche utilisés par ces investisseurs étrangers à Morombe.

Pression sur les petits pêcheurs et soupçon de corruption

Après le constat de ces pratiques, l’association Tea Reaky a rencontré le maire de Morombe, Roland, et les responsables au sein de la direction régionale de la MAEP, pour clarifier la situation.  L’association a aussi rencontré les dirigeants Sri-Lankais de l’entreprise de pêche : « Nous voulions qu’ils arrêtent ces pratiques de pêche ». Aucun consensus n’a été décidé à l’issue de ces rencontres : «En tant qu’association, on a senti une certaine pression exercée sur nous et nous n’avions pas voix au chapitre. C’est là que nous avions commencé à soupçonner que ceux qui dirigeaient la réunion ont été déjà soudoyés ; alors ils ont demandé la suspension de la réunion. Et les discussions ont été rompues ».

L’association Tea reake envoie une délégation à Antananarivo auprès du MAEP central, pour demander l’annulation de la licence de pêche. Les investisseurs Sri-lankais et société A-H-N, quant à eux, ont organisé une opération de séduction auprès de la population de Morombe en distribuant du riz et des fournitures scolaire. Jean Félix de Tsinjorano est explicite : « Ils ont soudoyé les chefs de fokontany. De l’argent a été distribué à trois reprises. D’abord, 50 000 Ar ont été distribués, au moment où les étrangers ont donné la licence qui les autorise à pêcher dans la région maritime de Morombe. Puis, 100 000 Ar, quand les tensions ont commencé. Et encore, 100.000 Ar durant les troubles, pour que les chefs de fokontany empêchent les pêcheurs de manifester ». Cette stratégie aurait pu aboutir, mais plusieurs chefs de fokontany ont fait machine arrière après entendu les griefs de Tea Reaky et après que cette association ait obtenu la suspension de la licence, lors de leur visite auprès du MAEP Antananarivo.

Après cette suspension décidée par le ministère, l’entreprise A-H-N a abandonné l’usage de leurs bateaux. Ils se sont tournés vers les Malagasy qu’ils paient pour pêcher à leurs places en utilisant leurs propres barques, celles employées habituellement par les petits pêcheurs. Cette épisode n’a pas duré longtemps : l’entreprise a levé les voiles et quitté Morombe. Seul est resté dans le site occupé par l’entreprise le gardien des lieux.

500 000 petits pêcheurs sont répertoriés sur le territoire malgache. Cette pêche artisanale produit les 72% de la production de pêche, pourtant ces petits pêcheurs ne disposent pas de droits de pêche exclusifs sur les zones côtières. Cette situation qui met leurs moyens de subsistance quotidienne en danger. L’expérience de Tea Reaky interpelle sur l’absence de communication en amont entre les petits pêcheurs et le MAEP, à travers leurs départements locaux. Manque de transparence, dialogues en pointillés voire absents, soupçons de corruption et de trafics d’influence auprès de la population sont autant de questions qui inquiètent ces paysans dont l’activité de pêche est la principale, sinon la seule unique source de revenus. Ces pêcheurs demandent à être consultés dans les décisions qui ont des impacts sur leurs activités de subsistances, au profit de grands exploitants.

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